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J’ai vécu… le début de la période de « régression » : bébés ne veulent que maman !

La deuxième année de bébé n’est pas seulement marquée par la phase du « terrible two » mais également par le début de la période de « régression » chez mes enfants.

Jusque là, je ne connaissais pas ce phénomène et je commence à le découvrir. Et tout s’explique… Pourquoi ils pleurent quand c’est moi qui les déposent le matin à la crèche, pourquoi ils ne demandent que maman pour le bain ou le repas, pourquoi à chaque contrariété c’est maman qu’ils réclament…

Quand ?

A vrai dire, je n’aime pas tellement parler de « régression » mais dans les faits, c’est pourtant ce qu’il se passe. Entre 1 an et 3 ans, un enfant est souvent amené à effectuer un retour en arrière en termes de comportement : baragouinage, tétine à outrance, biberon dans les bras de maman, endormissement dans les bras de maman, repas donné par maman…

Dans mon cas, j’ai surtout remarqué cet évènement depuis 1 mois. Mes jumeaux sont de vrais pots de colle, et ne veulent que maman, et ce, pour tout. Ils adorent leur papa, là n’est pas la question, mais il est vrai que quand je suis dans les parages, Monsieur B. passe très souvent au second plan.

Quand c’est moi qui les dépose à la crèche, c’est le drame au moment du départ. Ils se cramponnent à mes jambes, pleurent et refusent de me laisser partir (choses qu’ils ne font pas avec leur papa). Quand c’est moi qui les récupère le soir, à la seconde même où ils m’aperçoivent, les deux se mettent à pleurer sans aucune raison apparente. Et à la maison, c’est maman pour tout : le bain, le repas, les câlins, les jeux, les changements de couche, … Et c’est très simple, je ne suis pour ainsi dire, jamais « tranquille » quand je suis à la maison. Même pour les pauses pipi, j’ai un bébé qui m’attend assis derrière la porte… youpi !

Pourquoi ?

Alors du coup, j’ai voulu creuser la question. A force, vous me connaissez, j’aime comprendre (ou tout-du-moins essayer) les agissements de mes bébés. Leur monde, leurs émotions, comment ils perçoivent les choses qui les entourent. Et de ce fait, je les observe beaucoup et je leur pose 1 000 questions par jour depuis leur 3e mois. Et aussi fou que cela puisse paraître, j’ai toujours eu le sentiment qu’ils me répondaient à chaque fois.

Je me suis donc demandée entre autres pourquoi ils ne voulaient pas que ce soit papa qui leur change la couche, ou pourquoi ils ne mangeaient bien que lorsque j’étais assise avec eux.

En me remémorant tout ce que j’avais pu lire pendant ma grossesse sur le développement des bébés et en regardant de près les agissements et les événements autour de mes jumeaux, j’ai compris. Ils ont naturellement besoin de faire un retour en arrière pour parfaire leur développement.

En quoi en ont-ils besoin ?

Mes enfants ont aujourd’hui 2 ans et 3 mois et en très peu de temps, ils ont acquis bon nombre de compétences, aussi bien physiques qu’intellectuelles. Sans parler des changements dans leurs habitudes car avec Monsieur B. on leur permet de gagner de plus en plus en autonomie chaque jour, en répondant à leurs demandes de participation (même si cela me fend le cœur parce que j’aimerais qu’ils restent mes petits bébés dépendants de maman…).

Donc du haut de leurs 2 ans, ils mettent et débarrassent leur table, rangent le linge, rangent leurs jouets, nous aident à passer le balai, se déshabillent et se déchaussent, remettent leur lit en ordre et dorment depuis 2 jours seulement dans leur nouveau lit de grand…

Leurs nouveaux lits de grands

Et sur un plan plus « naturel », ils ont développé leur capacité à parler, faire des phrases, sauter, bouger au rythme d’une chanson, retenir les paroles et les gestes d’une comptine mais surtout, ils sont dans une période où ils apprennent à dompter leurs émotions.

Cette phase de retour en arrière, leur permet simplement de se rassurer et de savoir que même en grandissant, ils ne perdent pas ce cocon réconfortant que sont maman et papa.

Oui mais alors, pourquoi que maman ?

Un enfant qui ingère autant de nouveaux apprentissages, passent indéniablement par un sentiment d’angoisse. J’ai un jour lu quelque part, que si un enfant fait ses crises avec ses parents et pas avec les autres, c’est tout simplement parce qu’il se sent en sécurité avec eux.

Ici c’est la même chose : mes enfants voient en moi le lieu du réconfort ultime. Je ne pense pas que le fait de les avoir porté 8 mois et demi soit une simple coïncidence, au contraire, c’est clairement lié selon moi. La maman est le premier contact qu’un bébé reçoit de sa conception à sa naissance. Le lien entre eux est irremplaçable et indescriptible.

Je ne pense en effet pas que cela ait un lien avec une préférence vis-à-vis du père. Comme évoqué dans un autre article dédié aux papas (ici), Monsieur B. est un papa très présent pour ses enfants, super investi, joueur et câlin, bref le papa idéal à mes yeux, que j’aurais moi-même aimé avoir.

Et puis, inconsciemment peut-être, ne ressentent-ils pas un peu ma « tristesse » à les voir grandir si vite ? Depuis toujours, j’ai toujours été très câline et présente pour eux (peut-être trop je le reconnais) : cododo, bercement, toujours et partout avec eux (hors contexte professionnel évidemment), bisous et « je t’aime » à volonté…

Et maintenant qu’ils gagnent en autonomie, je me suis sentie moins utile un temps. Et pour l’anecdote, un jour que je voulais mettre le manteau à R1, il m’a répondu « Non, tout seul maman ». Évidemment, je l’y ai encouragé mais j’ai été touchée et il l’a senti parce qu’en commençant à le mettre, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a retendu son manteau en me disant « non tiens maman » avant de me faire un câlin… Et encore une fois, vous me connaissez maintenant, j’en ai versé ma larme de mère ridiculement sur-émotive !

Une solution à cela ?

Même si ce comportement m’est assez favorable, je l’admets, aller dans leur sens n’est pas les aider à aller de l’avant.

Je ne dis nullement qu’il ne faut pas les écouter et répondre à leurs demandes et leur besoin d’être rassuré mais le risque de ne pas poser de limite, est de les complaire dans cette « régression ».

Mes réactions dans certains de ces cas là sont :

– ils ne veulent que maman : d’accord mais papa aussi. Je ne leur laisse pas la liberté à vau l’eau de décider qui fait quoi ou quand. Si papa veut leur donner le bain, c’est papa qui le donnera.

– c’est maman ici et maintenant : avec grand plaisir. Si je ne suis pas occupée par une urgence ou même pas une tâche quelconque, je passe volontiers mon temps avec eux. Autrement, c’est non, plus tard les bébés.

– ils réclament le biberon dans les bras ou les bras à longueur de journée : à mon sens, s’ils le demandent c’est qu’ils en ressentent le besoin alors jamais je ne leur refuserai. En revanche, il est nécessaire de leur imposer des limites : d’accord pour cette fois ou d’accord mais seulement une fois sur deux mais le reste du temps, il prend son biberon comme un grand.

Et donc finalement…

Il faut bien comprendre qu’un enfant, jusqu’à ses 4 ans au minimum, devra faire face à une multitude de nouvelles capacités émotionnelles, physiques et intellectuelles. Tous ces apprentissages seront rudes pour lui et il ira régulièrement chercher réconfort dans les bras de sa maman.

Il ne faut pas voir cette phase comme quelque chose de négatif, au contraire. Cela signifie simplement qu’il prend conscience des changements dans sa vie et qu’il cherche à se rassurer sur le fait que le reste ne change pas. Oui il grandit, mais ses parents seront toujours là pour un câlin ou un geste tendre. Oui son environnement change, mais l’amour de sa famille reste intact.

Nous-mêmes, en tant qu’adulte, lorsqu’on a l’impression que la vie nous malmène, notre premier réflexe est de nous tourner vers les personnes qui comptent le plus pour nous. Et pour ma part, même à 32 ans, quand je me sens dépassée par des événements, la seule véritable chose qui me réconforte, c’est un moment passé avec ma mère, car la justesse de ses mots et la douceur de ses gestes ne seront jamais égalées

Tâcher de comprendre nos enfants et les aider au mieux à se construire, c’est un travail à temps plein mais ô combien gratifiant quand on en voit les fruits. Et ils nous le rendent bien 🙂

Et vous, avez-vous connu cette période ?

C.

2 commentaires sur « J’ai vécu… le début de la période de « régression » : bébés ne veulent que maman ! »

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