Publié dans Avis, conseils, expériences personnelles

J’ai vécu… « Choisir c’est renoncer » (André Gide)… Et si j’avais renoncé au bonheur de ma famille en faisant le mauvais choix ?

La vie est une partie d’échec… chaque décision influe sur la finalité

Je rédige cet article en me livrant à cœur ouvert car je me trouve aujourd’hui dans un tourment qui me ronge depuis quelques semaines déjà : et si j’avais récemment fait le mauvais choix et ainsi renoncé/sacrifié le bonheur de ma famille ?

Pour que vous puissiez bien comprendre le sens de mon questionnement, je vous résume le contexte.

Opportunité professionnelle

Avec Monsieur B., nous avons acheté une maison en Juin 2018 en région parisienne où nous vivions, proche de tous les membres de nos familles. Mes enfants avaient une place en or à la crèche interentreprises qui se trouvait à 5 minutes à pieds de la maison et leur future école aurait été au bout de notre rue. La maison avait été un coup de cœur pour moi lors de la visite et nous y avons vécu un peu moins d’un an avant de la revendre pour quitter la région.

A ce moment là, je commençais à m’ennuyer dans mon poste et dans l’entreprise dans laquelle je travaillais, entreprise qui commençait d’ailleurs à aller relativement mal (j’ai su 3 mois après mon départ, qu’un licenciement économique allait avoir lieu d’ici fin d’année). Mais dans le même temps, cela ne me dérangeait pas car je prenais davantage du temps pour mes enfants et pour développer mon projet personnel.

Sauf que, courant Janvier, voilà que je reçois une proposition professionnelle difficilement déclinable : on m’offrait un poste de management, tant attendu, dans une entreprise dans laquelle j’avais déjà exercé quelques années auparavant avant de la quitter pour revenir près des miens… oui car cette entreprise se trouve en région Aquitaine.

La réflexion était très difficile et prenait une place importante dans nos soirées à Monsieur B. et moi. Accepter revenait à vendre la maison, quitter à nouveau nos familles, changer nos bébés d’environnement au risque de les bouleverser, recommencer une nouvelle vie…
En retournant la question maintes et maintes fois dans ma tête, je me persuadais que je devais accepter pour parfaire mon CV, pour avoir un pied dans le management, pour offrir à mes enfants un cadre de vie plus calme qu’en région parisienne et puis aussi pour avoir un confort de vie plus appréciable. L’avantage et la condition sine qua none était évidemment que Monsieur B. puisse conserver son poste et faire du home office à temps plein.

Comme d’habitude (que je l’aime mon mari), il m’a encouragé à poursuivre mon ascension et à vivre mes challenges à fond, et nous voilà pris dans un tourbillon émotionnel !

Maison vendue en 24h, démission posée avec préavis d’un mois et demi, aller-retour pour trouver le logement et prospection quotidienne pour trouver une crèche en cours d’année pour les jumeaux, démarches administratives par centaine, cartons et déménagement avec l’aide de déménageurs… bref, deux mois très actifs pour une prise de poste fin Mai !

Des débuts plutôt positifs

Ma plus grande crainte était de bouleverser le quotidien et les habitudes de mes bébés mais à ma grande surprise, cela a bien été le cas mais dans le sens positif. Ils se sont acclimatés à une vitesse folle et se sont révélés en l’espace de seulement quinze jours. R2 de nature plutôt réservé et « fermé », s’est révélé très expressif, jovial et entreprenant : un régal !

Quant à Monsieur B., le télétravail à temps quasi plein (il remonte sur Paris seulement 2 jours tous les quinze jours) lui allait à ravir.

Et pour ma part, la prise de poste s’était très bien passée même si en très peu de temps, j’ai dû effectué 3 déplacements professionnels dont un en Asie sur une durée de 10 jours. Mais globalement, les 3 premiers mois en poste m’a démontré que j’aime beaucoup la fonction.

Par ailleurs, nos familles ont déjà eu l’occasion de venir faire des séjours à la maison cet été pour notre plus grand bonheur et tout était parfait.

Mais le tableau se noircit hélas petit à petit

Malheureusement, les beaux jours n’ont duré que le temps de l’été (plutôt ironique non ?). La pression professionnelle commence à se faire ressentir avec un top top management qui n’irradie pas spécialement de bienveillance à mon sens et un syndrome de « réunionites » aigues.

Très sincèrement, j’en ai vu des vertes et des pas mûres durant ma carrière (10 ans dans le secteur et le métier) et j’encaisse généralement très bien la pression ou la critique mais cette fois, c’est différent : une équipe, Mon équipe compte sur moi. Mon management n’est pas forcément celui qu’on attend de moi : je suis adepte de la méthode agile (pour vous donner une idée de ce que c’est : https://www.planzone.fr/blog/quest-ce-que-la-methodologie-agile), principalement menée dans les entreprises informatiques et dont j’ai été coachée par mon mari qui est Scrum Master mais aussi du Management 3.0 (https://www.nutcache.com/fr/blog/quest-ce-que-le-management-3-0/). *Je ferai prochainement un article à ce sujet*

Pour être vraiment très synthétique, cela consiste à se mettre non pas en position de manager mais de leader. Je ne suis pas au dessus de mon équipe, je suis parmi elle. Mes maîtres-mots sont : transparence, confiance et productivité par la qualité. Alors le management par la peur, jamais pour moi. Je sais par expérience que cela n’a jamais été efficace ni productif.

Alors, j’ai quelque peu de mal à essuyer les critiques faites à l’encontre des personnes de mon équipe, d’autant plus quand je ne les estime pas fondées. Je ne dis pas que c’est souvent le cas, c’est même plutôt anecdotique mais je me sens « obligée » de faire doublement rempart dans ces cas-là pour les « préserver » et donc que ma propre charge est naturellement accentuée.

J’ai renoncé au bien de ma famille malgré moi

En disant cela, qu’est-ce que j’ai finalement dit ? Que ce qui était censé être une opportunité en or devient doucement une entrave à ma vie de famille, si je ne parviens pas à cloisonner mes responsabilités.

Monsieur B. se voit obligé de gérer les enfants matins et soirs car mes heures de travail ne me permettent pas de le faire (je pars à 8h et rentre à 19h30 en général) mais aussi les courses et toutes les tâches ménagères. Heureusement, cela n’a pas encore eu de répercussions sur notre couple… Pour ma part, à 19h30 ma deuxième journée commence : je m’attelle à la cuisine et profite à 300% de mes enfants en m’en occupant jusqu’au coucher. Ma journée se termine (ou commence ?) alors officiellement à 21h. Le quotidien n’a rien d’idéal et semble très loin de mes aspirations (ma famille est ma priorité et je pensais naïvement que ce changement de région nous serait profitable).

Ajouté à cela que la nouvelle crèche est à des années lumières de l’ancienne. Mes amours ont l’air de s’y plaire (ils ne sont pas difficiles) mais j’ai déjà eu à témoigner de réprimandes faites à d’autres enfants de leur section et franchement, cela ne me plait pas. C’était à base de haussement de tons, de gestes assez brusques et de paroles dures envers un enfant de 2 ans : choquant pour moi. A cette vision, je ne suis depuis plus très sereine. Et si cela arrivait à mes bébés ??

Côté professionnel, ce n’est pas tous les jours facile. Comme dans toute entreprise, les demandes pour le jour même sont assez fréquentes quand dans le même temps, je me sens frustrée d’être si peu présente pour mon équipe (on en revient au syndrome de réunionite aigüe). Mais à côté de cela, j’ai la chance d’avoir de bonnes relations avec mes managers et mes équipes, ce qui rend les journées agréables à vivre. Ajouté à cela que j’aime mon travail !

Côté personnel, je ressens grandement le manque de mes proches, pour moi comme pour mes enfants.

Alors, honteusement, j’avoue culpabiliser assez fortement d’avoir le sentiment de renoncer au bien de ma famille en ayant fait ce choix, qui me paraissait pourtant être le bon. Je suis peut-être trop fataliste car au fond, cela ne fait que 4 mois mais je sais qu’on en attendra toujours plus de moi et que j’aurai de plus en plus de mal à me faire à ce rythme qui me tient à l’écart de mes enfants et de mon mari.

Ma solution ?

Je n’en ai pas si ce n’est de prendre du recul et de me reposer. Il est possible que je prenne les choses trop à cœur et que la fatigue n’aidant pas, je perds de vue l’essentiel. Je parle d’une expérience de 4 mois seulement, cela ne doit pas être représentatif n’est-ce pas ? Suis-je trop sentimentale, entière et impliquée ? Sûrement. Fataliste ? Cela peut m’arriver. Lâche ? Non. Je savais en acceptant ce poste que mes responsabilités seraient importantes et que mes journées allaient être chargées. Maintenant que je le vis réellement, le tout pour moi est d’arriver à organiser mes priorités.

Ma famille a besoin de moi et elle est de très loin prioritaire. Et par dessus tout, j’ai besoin d’elle pour trouver mon équilibre. Ainsi, ma seule solution est la suivante selon moi : lever le pieds ! Time-boxer mes journées en respectant le temps nécessaire à ma vie de famille et à donner le max de moi-même durant les heures de travail.

Mais une chose est sûre, je ne renoncerai pas. J’ai choisi d’être une mère active et de mener une carrière en restant présente pour ma famille et j’y arriverai ! Je n’ai pas fait tout ce chemin pour abandonner maintenant : j’ai tout fait pour être maman, je le suis, j’ai tout fait pour être manager, je le suis. A moi de battre les cartes et d’abattre les meilleures sur la table.

Il est important de tenir une to-do à jour pour organiser ses priorités

En tout cas, j’avais besoin de ce billet pour y voir plus claire. Et en toute honnêteté, je me suis demandée si je devais publier cet article après l’avoir relu et j’ai longuement hésité. Je suis tout-de-même en train de me mettre à nue… et c’est justement pour cela que j’ai décidé de le faire : je souhaite que vous me connaissiez vraiment et le thème de mon blog est tout-de-même « le quotidien » d’une maman 🙂

Si vous avez des conseils à me donner ou juste une remarque, cela me ferait plaisir de vous lire, donc n’hésitez pas.
Sur ce, je vous souhaite une belle nuit et merci de m’avoir prêté œil attentif !

C.

Un commentaire sur « J’ai vécu… « Choisir c’est renoncer » (André Gide)… Et si j’avais renoncé au bonheur de ma famille en faisant le mauvais choix ? »

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