Publié dans Avis, conseils, expériences personnelles, Parentalité

18 mois, l’âge terrible ?

On y est, à la fin du 18e mois pour entrer dans le 19e. Je dois vous avouer qu’on redoutait un peu ce moment puisque partout, on pouvait lire qu’à 18 mois, nos enfants deviennent des petits monstres, doués d’autonomie et adeptes de la provocation. Et comme on en a deux à la maison, autant vous dire qu’on angoissait un peu.

Je vous livre donc dans cet article notre expérience de cette étape cruciale dans le développement de nos tout-petits.

AUTONOMIE

Il paraît loin le temps où on était indispensable à nos bébés pour donner le biberon, ouvrir un livre, donner la cuillère, ouvrir la porte, se déplacer etc. Mais quel fierté de les voir devenir de grands bébés ou de mini garçons, qui commencent maladroitement à manger seuls, à feuilleter un livre seul en « lisant » à haute voix, reproduisant nos intonations, à escalader le canapé, à enlever seuls leur manteau… c’est vraiment incroyable les progrès qu’ils font en si peu de temps.

Mais cette autonomie a aussi un coût. Parce qu’ils commencent à être « indépendants », ils savent parfaitement ce qu’ils veulent ou ce qu’ils ne veulent pas et gare à nous, parents, si on a le malheur de vouloir les contrarier. Un enfant à cet âge-là découvre une multitude de possibilités autour de lui. Tout ou presque devient tentant et amusant, même ce qui peut être dangereux pour lui, comme escalader seul le canapé ou essayer de monter seul les escalier, par exemple. Dans ce genre de situation, j’entends plusieurs de mes collègues et mes amis me dire qu’elles sévissent en les disputant ou en les punissant car c’est dangereux et interdit, et malgré tout ils recommencent de plus belle, dans le but de les « provoquer » (je vous invite à lire mon article sur mes méthodes d’éducation positive, non exhaustives mais que je complèterai dans un prochain post, à leur 2e année). Je répète mon point de vue, un enfant de 18 mois ne provoque pas, il teste. Oui je joue sur les mots car la provocation a pour moi une connotation très négative et le réflexe humain est de répondre à la négativité par la négativité : tu provoques, je punis. Or si nous comprenons qu’il teste, car c’est tout bonnement de son âge et dans la logique de son développement, nous saurons réagir dans un sens positif, dans le but de l’aider à acquérir de nouvelles aptitudes ou à comprendre de nouvelles règles.

Bref, mon mari et moi sommes très loin des parents parfaits et mes enfants sont aussi très loin des enfants parfaits, mais pour autant nous n’avons jamais eu à les disputer ou à les punir pour cela. Évidemment, on les prévient du danger et le premier réflexe est de crier « ATTENTION », mais un enfant de 18 mois ne comprend pas instinctivement la notion de danger. Qu’on lui crie dessus, qu’on le punisse ou autre, ne lui enseignera pas ce qu’est le danger tant qu’il ne se sera pas blessé, chose qu’on ne souhaite absolument pas. Et puis disons-le clairement, rien n’est plus attirant que l’interdit. Dire « non » à un enfant c’est prendre le risque qu’il le fasse dans notre dos, hélas. Partant de ce postulat, Aurélien a opté pour une solution qui est selon moi très bonne. Puisque nos jumeaux adorent monter seuls le canapé et qu’on n’est pas toujours dans la pièce pour les en empêcher, on leur a appris à bien s’y tenir (assis et non debout ou sur les genoux) et surtout à en descendre sans risque, à savoir redescendre dans le même sens qu’à la montée (comme pour une échelle). Et très honnêtement, ils s’y prennent comme des chefs et envolée la peur !

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais l’idée est qu’à partir de 18 mois, l’enfant compose avec des nouvelles capacités et qu’il est important de comprendre que cette phase est cruciale dans son évolution, bien qu’il est parfois très difficile de composer avec son envie et son besoin de faire seul. Et il est essentiel de ne pas le freiner dans cette prise d’autonomie pour ne pas froisser ses émotions fraîchement acquises.

EMOTIONS

On en vient de ce fait au deuxième changement majeur que représente cette âge de pré-puberté si on considère le « terrible two » comme le petit frère de l’adolescence.

Nos tout-petits (plus si petits que cela en fait…) commencent à cet âge à développer de nouvelles émotions, toutes plus perturbantes les unes que les autres. Ils connaissaient déjà la joie, la tristesse, la peine, la peur, la frustration mais voilà que viennent s’ajouter la colère, la honte et l’orgueil.

Il est vrai que ce qu’on pensait être avant cet âge-là de la colère, n’était en fait que l’expression de leur frustration. L’enfant est frustré alors il l’exprime en criant, en tapant, en pleurant mais jusque là, il ne faisait pas réellement de crise (encore une fois, je parle principalement de mon expérience personnelle, chaque enfant étant unique et de surcroît différent). Mais voilà que depuis quelques semaines, je surprends mes enfants en pleine crise de colère, à crier, froncer des sourcils, jeter les jouets ou même partir en trombe. C’est vraiment très déroutant et en même temps assez drôle et trop mignon de voir une miniature/un échantillon piquer une colère.

Même chose pour l’orgueil. Alors là, mon petit cœur de maman a fondu en larmes tellement c’était désarmant. A 18 mois, bébé se vexe et boude ! Oui oui oui, c’est un boudeur, un vrai !! Un soir alors que je couchais les deux, Raphaël demandait plus d’attention alors que je tenais la main de Richard. Évidemment c’est parti en crise de larmes donc Papa a dû intervenir et je suis sortie de la chambre avec Raphaël dans les bras en laissant un Richard en pleurs, réclamant Maman avec son Papa. Une fois Raphaël endormi, je suis revenue dans la chambre pour embrasser Richard, il m’a rejeté de la main, s’est tourné sur le flanc et m’a subliment ignoré. Il s’est endormi que 15 bonnes minutes après et à chaque fois que je tentais une approche, il grognait et s’écartait de moi, au point de se coller aux barreaux de son lit. Il me faisait simplement la tête ce bougre, à moi sa maman adorée !

Et parallèlement, ils découvrent aussi la honte. Quand ils jouent tous les deux ensemble par exemple, que l’un d’eux frappe son frère et se fait reprendre, il sait qu’il a fait quelque chose de mal et instinctivement il va prendre une posture de recul, les yeux baissés et se muer dans un silence sans équivoque. Idem pendant les repas, quand ils mangent seuls et en renversent sur la table ou le sol, ils bloquent car notre première réaction est de s’écrier « oh non! ». Et on voit ce voile de la honte passer devant leurs yeux…

En tant que parent, c’est à la fois très difficile, douloureux et amusant de décrypter les différentes nouvelles émotions qui envahissent nos bambins. Et parce que je vois qu’ils sont eux-mêmes désorientés, je mets un point d’honneur à les aider à les gérer, les comprendre et les canaliser par le dialogue. Pour reprendre les trois exemples cités plus haut :

COLÈRE – Quand ils piquent des colères, je les laisse quelques minutes pour se calmer tout seul. Pour avoir déjà tenté de les calmer en leur parlant ou en détournant leur attention, je sais désormais que ça se résulte très souvent en un échec cuisant. Donc, je les laisse exprimer leur colère en les ignorant. Si j’y prête attention, je donne du crédit à leur comportement alors je préfère tourner le dos et ça a le mérite de fonctionner (chez mes enfants). Alors maintenant dès que l’un des deux commencent, je lève la main et les préviens « ah, si tu te mets en colère, maman s’en va de la pièce, mais si tu te calmes, on peut lire/jouer/chanter ensemble ». 90% du temps ça fonctionne, et 10% du temps, on a le droit à une avalanche de cris et de pleurs… basique !

ORGUEIL – Mes fils me boudent, c’est la cata !! Premier réflexe, je fais tout pour me racheter, parce qu’il est impensable pour moi que mes bébés, mes amours, mes canards en sucre roux me rejettent. ERREUR !! Ils en jouent ces ripoux !!! Comme pour la colère, j’ai décidé de laisser à mes enfants le temps de redescendre, ce qui est relativement rapide quand ils constatent qu’on n’entre pas dans leur jeu.

HONTE – C’est le sentiment le plus délicat je trouve. Déjà en tant qu’adulte je trouve qu’il est très difficile de faire face à un sentiment de honte donc je me dis que je me dois d’autant plus le minimiser chez mes fils. Ils savent très bien quand ils font quelque chose de mal puisqu’inéluctablement, cela attire tous les regards sur eux. Dans ces cas-là, mes enfants réagissent de deux façons : Richard se fige et regarde le sol jusqu’à temps qu’on lui parle et même là, de honte il préfère nous tourner le dos et quant à Raphaël, cela le met mal à l’aise et ça se traduit par « je fais le clown » pour noyer le poisson. Dans le cas de Raphaël, je lui rappelle gentiment mais fermement que ce qu’il a fait n’est pas bien (en lui expliquant pourquoi), bien que pas grave tant que cela ne se reproduit pas et évidemment je ris à ces grimaces pour ne pas l’enfermer dans son sentiment de gêne. Pour Richard, je fais preuve de plus de délicatesse car vraisemblablement, il vit très mal cette émotion. Je commence alors à lui dire que ce n’est pas grave, de manière à ce qu’il revienne vers moi et dès lors, je tiens le même discours que pour Raphaël. Il me semble vraiment nécessaire de ne pas en rajouter à ce moment-là, et donc de ne pas les disputer ni d’appliquer le « hors jeu » (je ne pratique pas le « coin », quand je veux que mes enfants se calment ou comprennent que son attitude est déplaisante, je les éloigne à quelques mètres de nous en leur disant de jouer seuls tant qu’ils n’auront pas compris) car ils se punissent déjà eux-mêmes. En insistant sur leur bêtise honteuse, j’ai peur de les braquer et donc de les brimer dans leur développement et apprentisssage. Les exemples de ces situations sont multiples : ils cassent un objet, ils renversent leur assiette, ils font une trace de crayon/peinture sur le mur…

Pour terminer cet article, je vous rassure, nous avons deux « morveux » (ce n’est pas une expression, ils sont vraiment morveux actuellement, merci la grippe) de bientôt 19 mois à la maison et tout se passe très bien. Avec du self-control, une bonne dose de café/thé, un peu de lâcher prise et beaucoup d’humour, on traverse aisément cette intempérie. Plus sérieusement, nous sommes des parents épuisés, c’est vrai mais il faut toujours se rappeler que nos enfants n’y sont pour rien la plupart du temps. Quand je rentre le soir, après une journée de travail dans les pattes et que mes bébés crient à tue-tête ou refusent le bain/le dîner etc, ma petite voix intérieure me dit qu’ils ont eux aussi eu une journée éprouvante à la crèche et qu’ils sont inévitablement fatigués de leur journée aussi. Ce qui m’a fatigué c’est le travail, pas eux ! Ils sont au contraire mon souffle de plaisir et de bonheur de la journée. Et coïncidence ou non, le fait d’être de bonne composition avec eux, les rend beaucoup plus détendus et sereins : ça doit être la loi de l’attractivité, le positif attire le positif quand le négatif attire le négatif, non ?

Et puis il y a aussi de l’agréable dans cet âge, c’est là qu’ils commencent à dire leurs vrais premiers mots et savent mettre des mots sur certaines choses : « bobo » quand ils ont mal, « eau » quand ils ont soif, « dodo » quand ils ont sommeil, « caca » quand il faut leur changer la couche, « doudou »… et ils imitent aussi très bien le son de certains animaux comme le lion ou le chien. C’est aussi l’âge où ils commencent à bien reconnaître les animaux et les objets et ça promet de longues heures de jeu, moments que j’affectionne particulièrement.

Allez, sur ce, allons gaiement vers le Terrible Two !

C.

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