Publié dans Avis, conseils, expériences personnelles, Parentalité

Crèche, assistante maternelle, grands-parents : quel mode de garde j’ai choisi et pourquoi

Bonjour à tous, j’espère que vous allez tous mieux que bien.

Quand la maison devient une garderie où règne le désordre continuel … mais quel bonheur !

A la naissance de mes jumeaux, mon idéal aurait été de prendre un congé parental d’un an au minimum afin de m’occuper moi-même d’eux. Malheureusement cette option m’était impossible car je venais d’intégrer une nouvelle entreprise (en Janvier et je suis partie en congés maternité en Avril) et étais encore en période d’essai. Pour cette raison, il nous a fallu réfléchir à un mode de garde pour nos bébés et le choix a été rapide dès lors que la solution s’était présentée à nous : les grands-parents.

GARDE A DOMICILE PAR LES GRANDS-PARENTS : de leur 5e au 13e mois

A vrai dire, nous n’avions pas vraiment eu le choix. Aucune crèche n’acceptait une rentrée en Janvier et les places « désistées » étaient rare, et d’autant plus quand on demande deux places , et il était très compliqué de trouver une assistante maternelle qui acceptait les jumeaux et chez qui il restait encore deux places de libres pour Janvier (ceci dit, si j’avais eu l’occasion d’en rencontrer une dans cette situation, j’aurais certainement eu des doutes…). Donc quand ma maman m’a proposé de les garder trois jours par semaine et que mes beaux-parents (à la retraite) ont accepté de nous rendre service en les gardant les deux autres jours, nous avons sauté sur l’occasion : garde à domicile par papi et mamies, le bonheur pour nos bambins. Et ce rythme a duré 9 mois. 

Je ne vais pas vous mentir, ce mode de garde a ses avantages mais aussi ses limites. Je m’explique en vous énumérant les pour les contre.

Les Pour

Ma maman ainsi que mes beaux-parents (quand je parlerai d’eux trois, j’utiliserai « les grands-parents » pour faire simple et court) ont eu l’extrême gentillesse de faire 41 km aller-retour par jour, pour garder nos bébés chez nous. J’ai effectivement repris le chemin du travail le 3 Janvier 2017, en plein hiver et cela me faisait tellement mal au coeur de devoir réveiller à l’aube mes chéris alors si petits (5 mois) et les sortir dans le froid, que les grands-parents nous ont proposé de venir les garder directement chez nous. Comme ça, Richard et Raphaël se réveillaient à leur rythme, ne perdaient pas leurs repères et surtout avaient tout le matériel nécessaire déjà à disposition (il aurait sinon fallu transporter tous les jours les lits parapluies, les matelas, les transats EN DOUBLE etc). Je partais donc travailler tous les matins le coeur léger.

Par ailleurs, lorsque ma maman les gardaient, j’avais à longueur de journée des photos et des vidéos des bébés et ça me donnait vraiment le sentiment que je ne les avais jamais quitté. Les jours où elle était de « mission », j’étais une jeune maman apaisée et investie au travail (elle arrivait toujours pour 7h15, ce qui me laissait du temps pour m’occuper un peu de moi sans pression). A elle-seule, elle gérait mes jumeaux d’une main de maître, ils étaient heureux, propres, reposés et enjoués. Je rentrais le soir, je n’avais plus que le repas du soir à m’occuper et ma douche à prendre (elle restait tant que je ne l’avais pas prise car elle savait qu’ensuite ça allait être le rush avant le retour d’Aurélien). Ma maman, c’est de loin la meilleure maman, et Jean Gastaldi ne disait-il pas que « Une maman formidable donne toujours une grand-mère exceptionnelle  » ? Ce rythme nous a donc permis à elle et moi de nous retrouver très fréquemment ensemble pour notre plus grand bonheur. Par la même occasion, mes enfants ont ainsi baigné pendant 1 an (de leur naissance à leur entrée en crèche) dans la culture et leur langue natale, le vietnamien. Quand on est parent bilingue mais que notre conjoint(e) est monolingue, il n’est pas rare que nous choisissions la solution de rapidité et de facilité qui est de parler de la langue du pays, et celle commune aux deux parents. Mais ce point est regrettable car pouvoir apprendre deux langues dès sa naissance est un luxe et cette richesse j’ai pu la léguer à mes jumeaux grâce à ma maman. Elle leur parlait vietnamien H24 et pour ne pas démolir tous ces mois d’immersion, cela m’a forcé à continuer sur sa lancée et donc à leur parler moi-même notre langue maternelle. Et à aujourd’hui, il la comprenne parfaitement.

Quand mes beaux-parents les gardaient, le constat était quasiment identique (sauf pour la partie langue) si ce n’est que je n’avais presqu’aucune nouvelle dans la journée et que les plages horaires étaient plus courtes.  

Toujours est-il que la flexibilité en termes d’horaires était très appréciables car si jamais une réunion débordait, je n’avais pas à me mettre les supérieurs à dos en quittant la pièce en hâte.

Autre point très positif, les bébés ont pu s’apprivoiser au mieux et créer davantage de liens forts, puisqu’ils ont été pendant des mois, collés l’un à l’autre exclusivement. On dit souvent que les jumeaux développent un lien et une relation spéciale, déjà dans le ventre de leur maman mais ce lien semble être moins évident lorsqu’il s’agit de faux jumeaux. Ils ont alors des gênes distincts et donc des personnalités bien différentes, la complicité est alors un peu moins naturelle. Néanmoins, le fait que depuis leur naissance nous les avons toujours laissé ensemble et le fait qu’ils aient été gardés par les grands-parents, à domicile et sans autre enfant, cela les a totalement rapproché et a accru leur complicité. Ce phénomène, on le ressent d’ailleurs davantage aujourd’hui, quand on voit comme ils se cherchent du regard à longueur de temps, comme ils s’appellent quand ils ne se voient pas et comme ils sont heureux quand ils se retrouvent. Pour toutes ces raisons, je nous estime parents terriblement chanceux d’avoir pu compter sur nos propres parents, nos héros. 

Par ailleurs, le fait que nos enfants aient été gardés à la maison par leurs grands-parents, leur a aussi permis d’être moins sujets aux virus et donc moins malades !

Et enfin, dernier point qui n’est pas des moindres : l’économie que ce mode de garde autorise. Pendant neuf mois, nous avons eu le luxe de pouvoir « économiser » près de 1000 euros par mois de frais de garde et ça, c’est incroyable. Et encore, ce montant est celui que nous payons aujourd’hui pour la crèche mais pour une nounou, il fallait compter le double (j’en reparlerai un peu plus loin).

Les Contre

Malheureusement, ce mode de garde connaît aussi ses limites (certes nettement moindres que ses bénéfices).

La première étant la difficulté à établir des règles. Il m’était très délicat d’instaurer des règles et des limites aux grands-parents (comme le fait de ne pas vouloir qu’ils soient changés de telle ou telle manière, de ne pas vouloir qu’ils dorment dans les bras, de ne pas vouloir qu’ils sortent etc). Etant donné que c’est un service voire une faveur qu’ils nous accordent, la relation et le rapport sont quelques peu inversés : on se plie presqu’à toutes leurs volontés, d’une part pour les remercier et leur faire plaisir et d’autre part parce qu’on n’a simplement pas le choix (on ne va quand même pas être des enfants ingrats).

La deuxième, la dernière et la pire à mon sens est la « rivalité » avec la belle-mère. Je l’avoue, je vis nettement moins mal les remarques de ma propre mère que celles de ma belle-mère (c’est légitime tout-de-même, non ?). Mes rapports vis-à-vis de la mère de mon mari étaient difficiles à vivre de mon côté. J’avais sans cesse ce sentiment qu’il fallait qu’elle fasse tout à l’inverse de ce que je lui recommandais ou de ce que je voulais tout simplement. Tout était sujet à remarques (« ah tu ne leur fais pas à manger maison ? La femme de « X », elle le faisait elle », « ah tu les laisses en pyjama ? Nous on habillait Aurélien et son frère même à la maison », « ah tu ne les laves pas ? Il faudrait pourtant », etc etc etc etc etc) et ça avait le don de me faire sortir de mes gonds, mais comme dit plus haut, je devais prendre sur moi car elle nous rendait service. Néanmoins ça entravait pas mal mes rapports avec Aurélien car forcément, c’est sur lui que je déversais ma frustration et ma colère.

Donc oui, faire garder nos enfants par nos parents est un luxe inestimable, et une richesse certaine pour eux. Ce mode de garde représente beaucoup d’avantages pour nous et si c’était à refaire, je n’hésiterai pas. En revanche, je le ferai différemment en ayant moins de scrupules à « imposer » mes règles car je reste avant tout la maman des bébés et que si cela est fait intelligemment et respectueusement, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. Enfin c’est ce dont j’essaie de me persuader.

Mais au bout de ces neuf mois, nous avons eu la joie (j’en ai pleuré…) d’avoir été sélectionnés comme gagnants de places en crèche. J’en parle comme d’un concours mais c’est tellement comme ça que je l’ai vécu 😀

LA VIE EN COLLECTIVITE A LA CRECHE : depuis leur 14e mois

Nous avons donc reçu une réponse favorable du service de la petite enfance de notre municipalité en Mai pour la rentrée de Septembre et on a sauté de joie.

Effectivement, bien que la garde par les grands-parents était chouette, on voulait que les enfants aillent en crèche pour plusieurs raisons :

Pour qu’ils s’habituent à la collectivité avant la maternelle

Pour qu’ils apprennent à jouer avec d’autres enfants

Pour qu’ils découvrent des environnements différents

Pour décharger les grands-parents

Pourquoi la crèche et pas une assistante maternelle ? Pour une raison principale qui n’engage évidemment que moi : je ne supportais pas l’idée de laisser les prunelles de mes yeux à une personne qui aurait eu le « champ libre » toute la journée avec mes enfants. Je dis « champ libre » car elle aurait été la seule adulte et peut-être même la seule dotée de la capacité de parole chez elle aux heures de garde. Il est évident que c’est une peur irrationnelle puisque dans mon entourage, la quasi-totalité des parents ont eux opté pour l’assistante maternelle et en ont été pleinement satisfaits. D’autant que si l’enfant était mal-traitée ou malheureux, il aurait su nous le faire comprendre d’une manière ou d’une autre (pleurs au moment de la séparation tous les jours sans amélioration, recul à l’approche de la nounou, comportement étrange à la maison etc). Mais toujours est-il que mon choix premier restait la crèche, notamment pour une seconde raison qui est l’aspect financier.

Lorsque, dans l’attente de la réponse de la mairie, nous avons rencontré des assistantes maternelles pour nous assurer tout-de-même un mode de garde pour nos jumeaux, nous avons eu la triste surprise des frais que cela nous aurait engendré. Sur 4 assistantes maternelles rencontrées, nous avons eu le même tarif pour 3 d’entre elles et un tarif plus élevé pour la 4e.

En comptant les frais de ménage, de nourriture (nous n’avions pas le choix, leurs repas étaient imposés) et les frais de garde pour 10h par jour, 5 jours par semaine (mon Dieu que c’est long !), nous étions arrivés à un minimum de 1 856€ pour deux, par mois (et 1900€ pour la 4e)… sans compter les couches que nous devions apporter nous-même ! Autant vous dire que je n’étais pas loin la syncope ! J’en étais même arrivée au point de me demander s’il ne valait pas mieux quelque part que je m’arrête de travailler pour les garder. Et finalement, le courrier tant espéré est arrivé, nous avions eu les places en crèche ! Et le coût a été divisé par 2 : 920€ par mois pour les 2, tout compris ! REVIVAL !!!!

MON AVIS SUR LA CRECHE

Et voilà que cela fait bientôt 4 mois que mes petits chéris sont à la crèche et je dois dire que je ne regrette absolument pas. Evidemment, je déteste cette structure pour l’aspect « mes microbes sont tes microbes et tes microbes seront à nouveau mes microbes ». Il ne s’est pas passé deux semaines consécutives sans qu’ils ne rentrent avec un virus, quelqu’il soit et c’est usant. D’autant que dans les crèches, il n’y a pas d’accompagnement privilégié comme il peut y avoir chez une assistante maternelle. Ici tout (ou presque) est rythmé : l’heure des repas, l’heure des siestes, l’heure des activités. Donc quand à la maison, ils font deux siestes de 2h par jour, là-bas ils ne font qu’une sieste d’une heure en général : difficile de se régénérer dans ces cas-là, donc on entre dans une spirale infernale. De la même manière, si bébé ne veut pas finir son assiette, pas question de l’amadouer, c’est tant pis pour lui (quand on sait qu’une fois sur deux c’est davantage par flemme et envie de jouer que par réellement un manque d’appétit). Et c’est très honnêtement les seuls points négatifs que je vois pour le moment.

Malgré cela, sur le reste, je suis plutôt clairement satisfaite. Les auxiliaires et éducatrices sont très attentionnées et disponibles, elles leur apprennent les bonnes bases pour se préparer à la maternelle et elles s’assurent de garder un bon équilibre entre les règles à la maison et celles à la crèche.

On mange tout seul comme des grands, à notre table à nous

De la même manière, les activités proposées sont diverses et variées et leur permettent vraiment d’accroître leur développement et leurs capacités à progresser à tout point de vue (motricité, parole, autonomie), et ça, c’est que du bonheur. Et ce que j’apprécie par dessus tout, c’est aussi la distance que les jeunes femmes citées plus haut instaure avec les enfants pour bien faire la distinction entre elles et leur maman. Pas de familiarité outre mesure tout en étant câline et réconfortante comme maman. De même, elles ne font jamais preuve de maladresse lorsqu’elles évoquent les progrès réalisés, au risque de frustrer ou de culpabiliser les parents. Tout semble avoir été étudié pour que nous ayons une entière confiance et une entière sérénité lorsque nous déposons nos enfants le matin, là où la frustration de voir nos enfants accrochés à nos nounous peut être très dure à vivre.

On a découvert la dinette et la cuisine à la crèche et on en est devenu dingue !
Activité peinture au doigt !

Par ailleurs, avec la crèche, le fait de ne pas être leur employeur mais davantage leurs clients, permet un meilleur échange à mon sens. Ce qui relève du droit pour la nounou, devient un devoir pour la crèche.

Je peux donc affirmer que j’ai une vision plus que positive de la crèche, là où certains peuvent au contraire lui trouver bien plus de contraintes (horaires, flexibilité, manque d’accompagnement privilégié, moins de proximité humaine…).

On ne sait pas ce qu’on cherche mais on va le trouver ^^

Et vous ? Quel a été ou quel sera votre choix ?

C.

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