Publié dans Avis, conseils, expériences personnelles, Education, Parentalité

Education positive : mes 5 règles pour y arriver avec mes jumeaux dès la naissance

Cet article n’a absolument pas vocation à « enseigner » ce qu’est l’éducation positive car je pense que c’est une notion que vous entendez souvent et que vous connaissez déjà dans les grandes lignes. L’idée ici est de vous faire part de MA vision de l’éducation positive, et de vous partager mes façons de l’appliquer auprès de mes jumeaux de 17 mois et ce, depuis leur naissance.

J’ai déjà entendu des personnes me dire que l’éducation à proprement parlé n’a aucun intérêt avec des enfants de moins de 2 ans, car avant cet âge-là, ils ne comprennent ni les punitions ni les disputes. Je suis d’accord avec elles 🙂 : aucun intérêt à mon sens de punir des enfants ou de les disputer. En revanche, pour ce qui est de l’éducation, je pense qu’elles sont dans le faux : l’éducation commence dès la naissance, encore faut-il savoir ce qu’on attribue à ce terme.

Pour moi, l’éducation c’est : accompagner son enfant dans son développement en lui enseignant et en lui apportant tout ce dont il a besoin pour cela, et en lui fournissant toutes les armes pour affronter les différents obstacles qu’il rencontrera sur le chemin de son accomplissement.

Dès sa naissance, un enfant évolue et se développe à la vitesse de la lumière. Il assimile, ingère et répète un maximum de choses qu’il perçoit et ressent autour de lui.

Lors des premiers jours/semaines/mois et années de sa vie, l’enfant observe, apprend, écoute et revit en boucle ses découvertes dans son sommeil, d’où l’importance de l’entourer d’un maximum de choses positives afin de favoriser son bien-être et ainsi la prise de confiance dans le développement personnel.

L’accompagnement des nouveaux-nés passe donc par des moments de tendresse (tétée, bain, caresse, jeu) et d’amour (câlins, baisers, berceuses). De nombreuses études ont d’ailleurs mis en lumière la nécessité de couvrir un bébé d’amour et d’affection. Je prends l’exemple de l’expérience d’Harlow faite sur des bébés macaques (je vous laisse prendre connaissance de l’article ici) qui démontre que pour bien se développer (aussi bien mentalement qu’émotionnellement), un bébé a besoin de l’amour et la tendresse de sa mère et que dans le cas contraire, cela pouvait jusqu’à aller à un retard mental chez l’enfant. Dans la même lignée, une étude menée par l’Hôpital pour enfants de Colombus dans l’Ohio a démontré que tous les gestes de tendresse et d’amour apportaient énormément de bienfait dans le développement du nourrisson. Ces caresses sont alors imprimées dans le cerveau et donc dans la mémoire du bébé et ça lui permet, une fois plus âgé, d’avoir de meilleures connexions socio-émotionnelles (l’étude est ici).

Et en grandissant, il entre en scène ce qu’on appelle le phénomène de mimétisme : je deviens le modèle de mes enfants, dans mes paroles et mes actes (on parle de « neurones miroirs »). Il est donc évident que je me dois d’être la plus irréprochable possible si je souhaite qu’ils le soient également. Un enfant qui grandit dans un environnement tendu, froid et violent peut alors devenir colérique, agressif ou au contraire effrayé/renfermé. Il ne faut pas oublier qu’un enfant est une éponge émotionnelle, il saisit toutes les émotions qui l’entourent et ce sont ces mêmes émotions qui le forgent et le façonnent. Je suis persuadée qu’un enfant qui évolue dans une famille qui l’aime et qui le lui fait bien ressentir, saura une fois plus grand, offrir sa main et ses sentiments à autrui.

Je vais étayer mes propos en vous listant les 5 règles que je m’impose pour offrir à mes amours la meilleure éducation parentale à mes yeux.

*Un bébé/un enfant est une personne à part entière, et il faut les considérer comme on aimerait être considéré par les autres*

Un bébé/enfant est un être humain comme nous, qui n’a pas encore acquis toutes ses facultés. Il réagit à l’identique et compose avec des émotions aussi fortes que les nôtres : frustration, colère, peine, tristesse, douleur, joie, euphorie…

Pour ces raisons, il ne faut pas sous-estimer les capacités, les besoins et les sentiments de nos enfants, quel que soit leur âge. Du même fait, pourquoi leur imposer des choses que nous refuserions nous-mêmes ? Je pense entre autres à ces exemples :

Se faire disputer ou crier dessus

Il m’arrive comme tout-le-monde d’avoir le réflexe d’élever le ton sur mes enfants pour me faire obéir mais aussitôt après, je culpabilise et me sens bête. Un jour du mois dernier, mon fils Raphaël a passé sa journée (comme les jours précédents) à hurler pour un oui ou pour un non. A force de me répéter et de lui demander de ne pas crier, j’ai perdu patience et ai haussé le ton pour lui demander d’arrêter. Tout ce que j’y ai gagné c’est de voir le visage de mes fils se figer, et leur sourire s’affaisser ne comprenant pas ma réaction. Automatiquement, mes larmes me sont montées et je m’en suis tellement voulu. Surtout que la minute d’après, il a repris de plus belle. J’ai donc utilisé ma méthode habituelle qui a été de lui parler calmement tout en durcissant le ton et en déviant son intérêt sur autre chose et le calme est revenu.

Un enfant est bien plus intelligent qu’on ne le pense. Il comprend parfaitement nos demandes et nos consignes, dès lors qu’on lui exprime calmement, clairement mais fermement. Ma bêtise dans cette situation-là a été de lui faire passer le stupide message de « fais ce que je te dis, pas ce que je fais ».

En tant qu’adulte, je n’apprécierais pas de me faire disputer par qui que ce soit. On peut évidemment me reprendre et me rappeler à l’ordre mais de manière courtoise et intelligente. Si je devais aujourd’hui me faire crier dessus, ma réaction serait de me braquer avant de me mettre sur la défensive voire l’offensive. Autant dire que la situation se dégraderait plus qu’elle ne s’améliorerait. Et bien, c’est la même logique avec l’enfant. Il fait une bêtise ou n’obéit pas ? C’est que clairement il est dans un état d’esprit de « rébellion » ou de « test des limites ». Donc plutôt que d’alimenter son énervement en lui créant de la frustration dans la dispute ou les cris, j’opte pour la discussion posée et le questionnement, en me mettant à leur niveau. Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu ne veux pas obéir ? Mes enfants ne sachant pas parler, soit me montrent l’objet de leur réponse, soit comprennent qu’ils ont fait quelque chose de mal. J’essaie au maximum de leur formuler des phrases positives pour stimuler leur compréhension de mon mécontentement. Par exemple, je ne leur dis pas qu’ils me fatiguent ou qu’ils sont insupportables mais je préfère leur dire que JE serais plus disponible pour eux s’ils étaient plus calmes, et que J’apprécierais beaucoup qu’ils soient plus sages. Et 9 fois sur 10, j’ai le droit à un câlin en guise d’accord ou d’excuse. Zéro énervement, zéro cri, zéro pleur… Bon 2 fois sur 10 c’est un échec total, ils hurlent, pleurent et moi je finis par leur laisser du temps seuls afin qu’ils se calment d’eux-mêmes. De la mêne manière, je m’efforce de ne pas être dans la négation « sans sens », par exemple  je ne leur dis pas seulement « ne fais pas ça, ne vas pas ici » mais j’essaie d’être plus précise en leur disant plutôt « ne joue pas dans les escaliers, ne vas pas seul dans la cuisine ». Il comprenne quelque part qu’ils peuvent jouer ailleurs que dans les escaliers et qu’ils peuvent aller dans la cuisine mais seulement quand maman ou papa y est aussi.

Ce que je me dis sans cesse c’est qu’un enfant, avant ses trois ans, ne sait pas s’autoréguler. Il est triste ? Il pleure. Il est en colère ? Il tape. On dit alors que c’est son « cerveau archaïque qui domine » (source: MagicMaman de Décembre 2018). Il ressent toutes ses émotions à 100% et ce n’est donc, quelque part, pas de sa faute s’il réagit parfois de manière forte. C’est de notre responsabilité de l’écouter dans ces moments-là et de le soutenir.

Une autre méthode que j’utilise pour contourner la dispute c’est le jeu/l’humour. Un des moments pénibles que j’ai avec mes bébés c’est le changement de couche. Une fois sur deux c’est un calvaire avec Richard (il préfère bien entendu jouer) qui se débat, se retourne, se plaint etc. C’est franchement hyper tentant de le disputer en lui demandant autoritairement de se laisser faire… mais je trouve ça tellement dur, j’ai l’impression de le malmener. Du coup, j’ai trouvé une autre solution qui fonctionne du feu de Dieu : je joue avec lui. Je lui sens les pieds et feins de m’évanouir, je lui mange le doigt, je lui vole son nez, je fais « prout » avec ma bouche et il rit tendrement et allègrement à toutes mes âneries. Alors certes, ça me prends 3 minutes de plus dans le temps du change mais ça devient un moment de plaisir et de tendresse que j’adore partager avec les deux (car même si Raphaël est plus ouvert aux changes, je fais les mêmes jeux avec lui) et ils en sont tout autant friands.

Se faire manquer de respect (et ça comprend beaucoup de choses)

Nous demandons tous à nos enfants de nous respecter. De respecter les formules de politesse. De respecter les autres. De respecter les règles. Mais respectons-nous bien nos enfants ?

J’ai très souvent croisé des parents qui ordonnaient plus à leurs enfants qu’ils ne leur formulaient une demande polie. « Mets tes chaussures », « ne bouge pas », « finis ton assiette », « ramasse », « arrête de faire ça »… Ca ne tient qu’à moi, mais je trouve cela assez violent. J’imagine quelqu’un me parler comme ça et ça me hérisse le poil. Evidemment, le ton péremptoire peut s’avérer indispensable par moment (danger immédiat, manque de temps) mais la plupart du temps, il pourrait être facilement évité

Dès leur plus jeune âge, je formule des demandes à mes jumeaux, sans leur ordonner. Je tiens à ce qu’ils disent « merci » et « s’il-te/vous-plaît » donc il me paraît normal de les dire moi-même lorsque je m’adressent à eux.

Se faire « violenter »

Je vais aborder un sujet sensible qui est la question de la fessée. Sans citer les propositions de loi ou même les lois des pays étrangers sur le sujet, je crois intimement qu’il faille éradiquer la fessée des moeurs d’éducation. La loi ne devrait être là que pour protéger les enfants de parents violents (et j’entends par là, les parents qui battent leurs enfants). Pour les autres, la remise en question et le sens moral devraient suffire.

Je ne connais aucune personne qui aime et qui accepterait de se faire punir par une fessée ou une claque (hors les SM j’entends) alors pourquoi l’infliger à un enfant ? J’ai grandit dans une famille où la fessée faisait partie intégrante de notre éducation et évidemment, je n’en ai pas été traumatisée. Par contre, je me souviens avoir eu honte  et avoir ressenti une profonde tristesse à chaque fois. Et il est pour moi hors de question de faire vivre cela à mes enfants. C’est d’une extrême violence (morale et physique) je trouve que de croire qu’en frappant un enfant (par définition un être fragile, sans défense et pour qui, vous êtes le centre de son monde), on lui inculque de bonnes valeurs ou de bonnes leçons. A quel moment la violence résout un problème ou est « preuve d’amour » (oui oui, on me l’a déjà sorti celle-là!) ? 

Dans mon cas, je n’ai jamais levé la main sur mes jumeaux (ils sont encore petits me direz-vous) et je ne compte pas le faire. Un jour, alors que Richard a « tapé » Raphaël à trois reprises malgré mes demandes d’arrêter, l’amie avec qui j’étais me dis « tu devrais lui faire pareil pour qu’il comprenne que ce n’est pas agréable »… ah bah oui, comme je veux qu’il ne tape pas son frère, je vais moi-même le taper pour lui faire comprendre, logique 🙂 Et bien non, je l’ai simplement « puni » en lui disant que parce qu’il ne sait pas jouer gentiment, il jouerait seul, pendant que moi je continuais à jouer avec Raphaël. Au bout d’une minute de pleurs, il a compris, est venu de lui-même vers son frère pour rejouer avec lui, et ils ont ri.

*Leur parler, leur expliquer, leur demander au lieu de leur imposer*

Ce paragraphe reprend un peu les grandes lignes des précédents. L’idée est que je parle énormément à mes enfants, en leur expliquant bien mes propos et mes attentes lorsque je veux qu’il m’obéisse sur un sujet. Il est très certainement vrai que je gagnerais du temps à leur imposer des règles d’emblée au lieu de passer 10 minutes de plus à leur détailler une demande mais je me dis que c’est une façon de les responsabiliser dès leur plus jeune âge et je suis convaincue que ça stimule leur faculté de compréhension et d’appréhension

Encore une fois, j’ai la chance inouïe d’avoir des enfants obéissants et je me demande encore si cela est lié ou non avec ma façon de les accompagner dans leur développement mais Aurélien semble en être persuadé. Toujours est-il que je vais vous citer l’exemple des escaliers. A l’étage comme au rez-de-chaussée, nous avions installé dès notre emménagement cet été des barrières de sécurité, alors qu’ils ne savaient pas encore marcher. Il y a de cela 2 mois, on a été obligé de les retirer pour des raisons de travaux mais depuis 2 semaines nous avons ré-installée celle du haut mais pas celle du bas. Il a donc fallu redoubler de vigilance pour que les enfants ne montent pas les escaliers seuls. Un jour, Richard a pourtant tenté car il a toujours été attiré par les marches (un vrai casse-cou ce bonhomme) mais à peine a t’il essayé de poser son pied sur la première marche qu’avec son père on l’a rattrapé de justesse. A la suite de quoi, on a été très clair avec eux, interdiction de monter seuls les escaliers, que c’est très dangereux et que si par malheur ils se blessaient, on en serait tous extrêmement malheureux (je vous passe les discours gnan-gnan qu’on a pu leur tenir). MAIS, on les a autorisé à s’assoir sur la première marche pour nous attendre quand ils veulent monter, ou pour mettre les chaussures ou juste pour se reposer. Chose qu’ils font de manière très prudente et surtout ils savent qu’ils ne doivent pas jouer à proximité des marches. De la même manière, lorsque je dois monter à l’étage et les laisser en bas, la consigne est claire : personne ne bouge du rez-de-chaussée. Résultats : Richard pleure systématiquement, assis sur la première marche et attend impatiemment mon retour (le plus longtemps que j’ai mis a été 2 minutes… sacrilège!).

Evidemment, on réinstallera la barrière dans les prochains jours pour éviter tout risque ou tout accident (tout peut arriver si vite) mais le fait est que, parce qu’on leur a bien expliqué les choses et nos consignes, ils ont bien compris les dangers que pouvaient représenter les escaliers et ils s’en approchent toujours de manière très lente et prudente pour s’assoir et vraiment, je trouve ça trooooop mignon. Ils comprennent absolument TOUT, on les responsabilise, c’est génial. Est-ce que si ça avait été un ordre, la résultante aurait été la même ? Sûrement mais je pense que j’aurais davantage suscité la peur (peur de l’escalier, peur de la punition en cas de désobéissance) que la responsabilisation et la compréhension (des dangers potentiels, de la peine que ça engendrerait si un accident arrivait).

*Il est important et primordial de répondre aux besoins de mes enfants*

Mes jumeaux ne savent pas encore parler mais il savent très bien comment se faire comprendre de moi, en exprimant leurs besoins par des pleurs, des cris, des sons et des gestes. Tout l’enjeu pour moi est de les comprendre, les entendre et surtout y répondre. Il m’est déjà arrivé à quelques reprises d’entendre des parents, que j’ai rencontré depuis mon accouchement, dire qu’il ne fallait pas que je me tracasse quand mes bébés pleurent ou crient car ce sont simplement des caprices. Ils me conseillaient cela notamment quand je leur racontais que mes enfants ne faisaient pas leurs nuits, ou encore que je passais mes soirées à être auprès d’eux car ils refusaient de s’endormir seuls. Je suis consciente que leurs conseils étaient bienveillants et avaient vraiment pour but de me déculpabiliser, me rassurer et m’aider et je les ai toujours remercié pour cela. Pourtant je n’ai jamais pu me résoudre à les laisser pleurer plus de 2 minutes quelle que soit la situation (bon le fait qu’ils soient deux et dorment dans la même chambre a contribué aussi : trop peur que l’un réveille l’autre). Et puis un jour je suis tombée sur cet interview sur le site www.magicmaman.com et ça a été une révélation. Didier Pleux, psychologue et docteur en psychologie du développement, auteur de « Un enfant heureux » y affirme que, je cite,

« Je dirais pour commencer que les bébés ne font pas de caprices. Le mot « caprice » en lui-même inclue de la perversité, une volonté d’embêter son monde (les parents), tout ce dont un tout-petit n’est pas capable. Si un bébé fait une grosse colère le soir avant de s’endormir alors que tout va bien, qu’il a été nourri, câliné, qu’il n’a pas de fièvre et ne souffre d’aucun maux, il n’est pas en train de provoquer ses parents, non. Cela signifie qu’il veut continuer dans son « principe de plaisir ». S’il pleure et en particulier au moment du coucher, c’est simplement parce qu’il est frustré d’un plaisir qu’on ne lui donne pas. Il exprime quelque chose, il continue de réclamer de l’attention à sa maman. « 

Il y a par ailleurs de nombreux articles qui traitent de ce sujet et plusieurs témoignages de spécialistes de l’enfant, qui affirment d’ailleurs que le caprice n’existe pas avant l’âge de 4 ans. Dès lors que j’ai assimilé cette information, j’ai non seulement continué à accourir dès que mes fils pleuraient mais j’ai surtout commencé à le faire avec motivation et dynamisme (un vrai ressort) : ils avaient besoin de moi, de mes bras, de ma présence. J’ai totalement imprimé dans ma tête que mes bébés qui pleurent signifiait que quelque chose n’allait pas ou leur manquait, tout simplement. Et en tant que mère, il était de mon devoir de leur apporter ce dont ils avaient besoin (après avoir passé parfois de looooongues minutes à essayer de trouver le problème). Mais je tire mon chapeau à tous ces parents qui ont réussi, en ayant le coeur brisé, à laisser pleurer quelques minutes leurs bébés car c’est une vraie épreuve et il faut énormément de courage pour cela. 

Maintenant qu’ils sont plus grands, il est nettement plus facile pour moi de cibler quasi instantanément leurs besoins. Mais il est aussi plus facile d' »accuser » l’enfant de caprice et de cinéma, comme lorsqu’il fait une crise parce qu’il refuse de faire telle ou telle chose. Mais je me suis posée la question : est-ce vraiment du cinéma ? Et je suis certaine que non. A l’instar des adultes, ils expriment leur mécontentement face à certaines situations et ils ont raison. C’est à moi ensuite d’arriver à les canaliser et à leur expliquer les raisons de ma demande. Un jour à la crèche, Richard refusait que je lui mette son manteau pour rentrer, il se débattait, criait, s’enfuyait et tout cela sous les yeux de la puéricultrice (adorable et super bienveillante soit dit en passant). Je ne l’ai pas frustré, je l’ai laissé faire sa tournée pendant que j’habillais du coup son frère en premier. Après un court instant, une fois que Raphaël était prêt, Richard est revenu vers moi, et m’a tendu son bras, l’air de dire « mon manteau stp maman ». Mais avant de l’habiller, je lui ai fait la morale gentiment sur ce qui venait de se passer en lui précisant que plus jamais il ne devait refaire cela, autrement je me verrais obligée d’être moins gentille avec lui et donc autoritaire, ce que j’aimerais éviter. Soit j’ai énormément de chance et vive les coïncidences, soit Richard a parfaitement compris, car depuis ce jour-là (ça remonte à plus d’un mois), plus jamais il n’a réitéré. Il avait, selon moi, voulu ce jour-là s’affirmer de manière forte mais en voyant que je n’étais pas celle qui le contraindrais à quoi que ce soit, il a compris que les crises ne servaient à rien, car j’avais saisi son besoin et j’y avais répondu en lui laissant le temps d’accepter de rentrer. Ils ont besoin d’évacuer leurs émotions et le fait de porter leur attention sur autre chose que l’objet de leur frustration permet aussi de faire passer ce mauvais moment. Ici il a détourné son attention de lui-même vers les jeux accrochés au mur de la crèche.

*Savoir s’excuser et accepter ses torts*

Dans la lignée de ma seconde règle, je pense que pour bien accompagner mes enfants dans leur processus de développement, je dois accepter l’idée que je suis parfois responsable des actions et réactions de mes enfants et savoir, de fait, m’excuser sincèrement auprès d’eux.

Je pense par exemple aux fois où, invités chez mes frères à déjeuner, le repas s’est éternisé (ils avaient alors tout juste un an). J’ai des bébés qui dorment très mal en dehors de la maison donc quand on va dans de la famille ou des amis, on essaie au possible d’y aller en dehors des heures de sieste. Sauf que, comme dit plus haut, il est arrivé que des repas s’éternisent et qu’on ait été obligés de leur faire faire la sieste en dehors de la maison. Dans ces cas-là ils dorment très peu, sont fatigués et donc énervés. Comme tous les enfants, il devient alors difficile de les canaliser et ils peuvent vite devenir insupportables pour les autres invités (ça c’est notre vision, car ils nous ont toujours assuré du contraire). Par réflexe, il m’est arrivé une fois de les punir en leur confisquant leur jouet (objet d’une chamaillerie entre les deux) et j’ai déclenché une avalanche de larmes. Gênés, avec Aurélien on a décidé de partir. Mais à peine la voiture a démarré qu’ils se sont endormis, épuisés de leur journée. Une fois à la maison et après leur réveil (2h de sieste), ils ont joué calmement et joyeusement mais moi j’étais tout sauf heureuse. Je me suis rendue compte de ma stupidité, les punir pour MON erreur. Je savais qu’ils seraient fatigués, je connais leurs habitudes et pourtant c’est eux que j’ai puni. J’ai culpabilisé, surtout en les regardant, ces deux petits êtres innocents qui ne savent pas encore comment gérer leurs émotions, se faire des sourires et jouer ensemble. Je les ai alors pris tous les deux sur moi et je leur ai demandé de m’excuser de leur avoir infligé une journée aussi longue et de les avoir puni pour une faute qu’il n’avait nullement commise. 

Forte de cette expérience, je n’ai pas répété la situation avant récemment, où tout s’est passé à la perfection. Maintenant qu’ils ont 17 mois et sont en crèche depuis 3 mois, les siestes sont moins fréquentes, plus simples et ils gèrent plus facilement la fatigue. Mais toujours est-il qu’on privilégie davantage les invitations à domicile 🙂

*Respirer, relativiser et pro-fi-ter*

Cette règle doit sûrement être celle qui vient assoir les quatre autres. Je ne peux pas parfaitement respecter les quatre premières si celle-ci ne s’inscrit pas dans mon état d’esprit quotidien. Pour accepter de mettre de côté son envie de crier parfois, de punir, de gronder, de sévir, il faut avant tout accepter de prendre le temps de respirer. De prendre le temps de me poser dès que j’en ai l’occasion, de faire le point sur mes priorités, de relativiser.

Les premiers mois étaient vraiment difficiles. Devoir gérer des jumeaux alors que je découvrais le rôle de maman pour la première fois a été, je pense, le plus gros challenge de ma vie. D’autant qu’ils ont souffert de coliques de la naissance à leurs 6e mois, qu’avant cet âge-là ils ont été chacun hospitalisé une fois et qu’en prime il m’a fallu plusieurs mois avant de guérir totalement de ma césarienne (suite à mon accouchement cauchemardesque que je relate dans cet article). Autant dire que les nuits étaient inexistantes et les jours interminables. Heureusement ma maman était là pour m’aider, H24 pendant 1 mois entier puis tous les jours de la semaine pendant 6 mois et enfin un jour sur deux de la semaine pendant encore 6 mois (je ne la remercierai jamais assez).

Mais avec l’aide et les conseils de plusieurs professionnels, j’ai appris à respirer, à prendre du temps pour reposer mon cerveau et j’ai gardé cette habitude jusqu’à maintenant. C’est ce qui m’aide à voir les choses de manière plus sereine, à vivre les situations de manières plus posée et surtout à relativiser : j’ai franchement des fils géniaux ! 

Quand la fatigue se fait telle que je me dis que j’aimerais pouvoir m’isoler quelques heures voire quelques jours (mère indigne, je sais !), je relativise quasiment dans la minute : j’ai 2 enfants super sympas, un mari qui m’aide, une famille qui serait prête à m’aider si je lui demande… pendant que d’autres mamans doivent se débrouiller seules, sans aide, sans soutien ! Et là je me dis que je n’ai pas le droit de me plaindre. Et j’imagine les mamans de triplés ou plus !! Que c’est à moi de m’organiser autrement pour être davantage reposée, et du coup, je me couche plus tôt, je fais la sieste avec les bébés dès que je peux, je fais le choix de laisser parfois la maison en désordre pour m’octroyer du repos et ça marche ! Et parce que je me sens plus reposée, je profite davantage des moments passés avec mes chéris. Je joue avec eux, ris avec eux, leur propose des activités, passe du temps avec Aurélien : quel bonheur !

Et j’ai très rapidement appris que c’est en étant bien dans ma tête et dans mon corps que je pourrai proposer une éducation positive à mes enfants. Mais attention, cela ne veut pas dire que je ne fais pas preuve d’autorité ou que je ne fixe pas de limite. Bien au contraire, mais je le fais de manière ferme sans être sévère et de manière constructive sans être laxiste. Un enfant a besoin de limite pour se construire et la meilleure façon à mon sens, c’est de lui expliquer le pourquoi du comment de ces dites limites et pourquoi il est important de respecter les règles.

Alors, à vous les mamans, pensez à vous en priorité ! Soyez bien, soyez reposée, soyez heureuse et vos enfants le seront 🙂 Et pour ça il faut que vous preniez soin de vous, et c’est ça la première règle.

Et sinon, c’est quoi la bonne éducation pour vous ? Partagez-la moi en commentaires 🙂

C.

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